Organisation et partenaires

Le conseil scientifique et le comité d’organisation est composé de personnalités issues des institutions suivantes :

 

L’action est soutenue ou relayée par :

guide des prix littéraires : http://www.lr2l.fr/guide-eac-prix-litteraires.html

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un mot de la présidente de l’APMEP

« Le prix La Racine des mots est-elle carrée ? est une très belle occasion pour les lycéens et leurs professeurs de s’intéresser aux mathématiques avec des problématiques qui ne sont pas (ou rarement) abordées en classe. Par leur diversité de genres et de thèmes, les œuvres sélectionnées permettent d’interroger les liens entre le récit et l’activité mathématique, la place des mathématiciens et mathématiciennes dans la société et dans l’histoire, d’engager une réflexion éthique sur les mathématiques… L’APMEP est très attachée à la qualité de la formation en mathématiques pour tous les élèves, qu’ils soient de futurs scientifiques ou pas, beaucoup seront amenés à utiliser des mathématiques dans leurs métiers et tous devront pouvoir participer aux débats de société concernant les sciences et les technologies. La lecture des œuvres sélectionnées et le travail avec des professeurs permet d’enrichir avantageusement les enseignements prévus par les programmes de mathématiques des lycées… sans parler bien sûr du plaisir de lire ! C’est donc tout naturellement que l’APMEP soutient La Racine des mots est-elle carrée ? en annonçant régulièrement les activités liées au prix dans ses publications. Un groupe de travail devrait aussi bientôt voir le jour au sein de l’association. »

Alice Ernoult – Présidente de l’APMEP

extraits:
LE FRANÇAIS A RENDEZ-VOUS AVEC LES MATHS
« La racine des mots est-elle carrée ? » : telle est la question que posent Michel Bourguet et ses collègues du lycée Jean Monnet à Montpellier. De quoi cette question, poétique, insolite, dérangeante, est-elle le nom ? Celui d’un prix littéraire décerné chaque année par des lycéens et des étudiants à une œuvre mêlant fiction et mathématiques. Celui d’une entreprise qui, fidèle aux fondements de l’humanisme, envisage la culture dans sa globalité et, pour ce faire, doit brouiller les cartes de l’Ecole : il s’agit de montrer les liens forts qui unissent création littéraire et mathématiques, de changer le regard sur une discipline perçue comme abstraite et  inaccessible pour que par le biais de la fiction certains élèves se réconcilient avec elle, de redonner plaisir et sens aux apprentissages par d’heureux croisements disciplinaires.

 

Votre projet cherche à relier 2 matières que notre système scolaire (et nos représentations) sépare(nt) : le français et les mathématiques. Pourquoi une telle entreprise paradoxale ?

La séparation entre sciences et littérature est plutôt une idée récente. Elle est principalement due aux programmes scolaires qui séparent les savoirs en disciplines et à une vision particulière du système scolaire qui a eu une forte tendance à séparer les « scientifiques » des « littéraires ». L’étiquetage est rapide, et il est très commun d’entendre des élèves dire d’eux-mêmes : « je ne suis pas logique, je ne suis pas rationnel, pas un scientifique, je suis plutôt littéraire ». Cette idée, communément répandue est nocive pour le devenir scolaire des enfants, et nocive pour le système lui-même.

A y regarder de plus près, on voit bien que les disciplines littéraires requièrent des compétences en analyse, rationalité, synthèse, qui dans le fond ne sont pas très éloignées de celles utilisées en maths ou en sciences. Seul le matériau de départ est différent, la façon de regarder les choses, la manière d’appréhender le monde, le réel, l’humain.

Les mathématiques en particulier souffrent de cette image fausse de déshumanisation, d’idéalisation pure, de conjectures et de spéculations en apparence stériles. Or, c’est un pan du savoir, de l’héritage culturel, il fait partie intégrante de la culture humaniste.

La littérature ne se coupe pas des sciences, des mathématiques, elle peut s’en nourrir, comme les mathématiques ont besoin d’une certaine littérature pour vivre et prospérer. Un livre est un livre, qu’il soit un roman ou un traité d’algèbre, il est écrit, pensé, structuré. Il y a plus de points communs finalement que de points de divergence.

L’entreprise que nous avons commencée à notre échelle est tout simplement d’essayer de changer le regard sur les maths et de les sortir de leur isolement au sein de la culture. L’idée d’un prix littéraire est un décorum qui rend à la fois sérieuse et ludique l’expérience proposée aux élèves. Il permet de mener vers des mathématiques, au travers de récits, des élèves qui ne les regardent que contraints et forcés, ou avec des pincettes sur le nez.

Par ailleurs, les liens maths-création littéraires sont explorés depuis longtemps et naturellement nous sommes proches de la démarche oulipienne. L’écriture sous contrainte libère la créativité. Le paradoxe apparent est plutôt dans ce processus.

 

Le projet débouche sur un prix littéraire décerné à une œuvre en lien avec les maths : comment s’opère la sélection ? pouvez-vous nous présenter quelques œuvres emblématiques qui ont été sélectionnées dans l’une ou l’autre des éditions du prix ?

La sélection est le fait de quelques enseignants qui participent de manière volontaire au jury du prix. Nous tentons de la mener sur des ouvrages récents et nous tenons au courant des nouveautés. Ce n’est pas simple de lire ce qui sort, de s’y retrouver et d’y identifier les ouvrages qui pourront nous intéresser. Il faut qu’ils soient construits sur des structures mathématiques ou qu’ils les mettent en scène, qu’ils soient accessibles à des élèves de lycée, qu’ils soient variés, et surtout qu’ils aient un réel intérêt littéraire.

Ce n’est que la deuxième édition du prix. Le vainqueur de l’an dernier était le roman japonais « La formule préférée du professeur » de Yoko Ogowa. C’est un récit d’initiation et il a beaucoup plu aux élèves membres du jury.

Nous avions aussi sélectionné « Les mathématiques congolaises », roman africain, et Lla déesse des petites victoires » racontant la vie de Godel, au travers des souvenirs et du point de vue de sa veuve. Ce livre a eu le prix des libraires en 2013.

Cette année, le vainqueur est un roman historique « La conjecture de Fermat » de Jean d’Aillon. Il raconte une histoire d’intrigue et d’espionnage à l’époque de Mazarin. Pierre de Fermat y apparait, en tant que magistrat et mathématicien. Sa fameuse conjecture est une longue énigme mathématique qui n’a été démontrée qu’en 1996 par Andrew Wiles. Elle y subit un sort dramatique.

Pour la première fois nous avions aussi sélectionné une BD « Logicomix », traitant de la vie de Russel, philosophe et logicien, et des fondements logiques des mathématiques, ainsi qu’un essai écrit par Daniel Tammet, mathématicien et écrivain.

Propos recueillis par Jean-Michel Le Baut